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Nicolas Richard : Au niveau industriel, les investissements des entreprises françaises s’élevaient à environ 10,5 milliards d’euros en 2024.

Ziarul Financiar, le 10 juin

Nicolas Richard, président de la CCIFER et CEO d’ENGIE Roumanie : La France est l’un des partenaires commerciaux les plus importants de la Roumanie, avec environ 13 milliards d’euros d’investissements en 2024, ce qui la place parmi les trois premiers investisseurs. Notre rôle demeure de renforcer ce partenariat stratégique.

Nicolas Richard, preşedintele CCIFER şi CEO al ENGIE România: Franţa este unul dintre cei mai importanţi parteneri comerciali ai României, cu investiţii de aproximativ 13 mld. euro în 2024, în top 3 investitori. Rolul nostru rămâne acela de a consolida acest parteneriat strategic | ZF Corporate

Nicolas Richard, président de la CCIFER et CEO d’ENGIE Roumanie :Je reste optimiste quant au fait que, dans les dix prochaines années, la Roumanie deviendra un acteur stratégique régional contribuant à la sécurité énergétique de l’Europe. Ce rôle apportera sans aucun doute de nouvelles responsabilités et opportunités, que nous devons commencer à construire et à soutenir dès aujourd’hui à travers la formation des ressources humaines pour l’économie de demain, les investissements et un dialogue constant et constructif entre les pouvoirs publics, le secteur privé, le monde académique et la société civile.

♦ La Chambre Française de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture en Roumanie (CCIFER) célèbre cette année ses 30 ans de présence en Roumanie. Son objectif est de maintenir le marché roumain parmi les destinations privilégiées des investisseurs et des entreprises à capitaux français, mais également internationaux, affirme Nicolas Richard, président de la CCIFER et CEO d’ENGIE Roumanie.

La CCIFER rassemble une communauté de 600 membres – entreprises françaises, internationales et roumaines – qui génèrent plus de 260 000 emplois dans l’économie locale. Près de 70 % de ses membres sont des PME. Les entreprises membres de la CCIFER opèrent dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’agriculture, les technologies de l’information et des communications, l’industrie automobile, la construction, les infrastructures et la logistique.

« La France est l’un des partenaires commerciaux les plus importants de la Roumanie, avec des investissements cumulés d’environ 13 milliards d’euros en 2024, ce qui la place parmi les trois premiers investisseurs. Notre mission demeure de renforcer ce partenariat stratégique et de maintenir la Roumanie parmi les destinations privilégiées des investisseurs et des entreprises à capitaux français, mais pas uniquement », déclare Nicolas Richard, président de la CCIFER et CEO d’ENGIE Roumanie, l’un des principaux acteurs du secteur énergétique roumain.

Au niveau industriel, les investissements des entreprises françaises s’élevaient à environ 10,5 milliards d’euros en 2024.

« L’énergie constitue un élément clé de la compétitivité économique de la Roumanie et, dans le contexte actuel, elle s’affirme également comme un pilier central de la sécurité, dans un environnement international qui redessine les vulnérabilités régionales. Je suis convaincu que la sécurité énergétique de la Roumanie dépend d’une interconnexion renforcée, tant au niveau des réseaux que des compétences et des ressources des acteurs du secteur. »

Concernant l’entreprise qu’il dirige, Nicolas Richard indique que les investissements d’ENGIE en Roumanie ont dépassé les 2 milliards d’euros au cours des vingt dernières années. Ces investissements ont porté sur des projets d’extension des capacités de production d’énergie renouvelable, de stockage d’énergie et de modernisation du réseau gazier.

Aujourd’hui, ENGIE dispose d’un portefeuille opérationnel d’environ 250 MW de capacités éoliennes et solaires, ainsi que de près de 750 MW supplémentaires à un stade avancé de développement, franchissant ainsi des étapes importantes vers l’objectif de 1 GW d’ici 2030.

Parallèlement, l’entreprise développe des projets de stockage d’énergie, avec actuellement 85 MW en construction, ainsi que d’autres projets à l’étude, avec pour objectif d’atteindre 300 MW de capacités de stockage d’ici 2030.

« Je crois profondément à la complémentarité entre la molécule de gaz naturel et l’électron. La Roumanie peut atteindre ses objectifs de décarbonation, d’accessibilité et de sécurité énergétique grâce à une transition équilibrée combinant l’électricité (“électrons”) et le gaz naturel (“molécules”), avec un accent particulier sur le développement du biométhane ainsi que sur une consommation responsable de l’énergie.

L’électrification des transports, du chauffage ou encore des usages industriels doit être menée de manière organisée et équilibrée du point de vue énergétique. Le chauffage, par exemple, représente l’un des segments les plus complexes de la transition énergétique en raison des pics saisonniers de demande, des infrastructures existantes et de la diversité des bâtiments en zones urbaines et rurales. »

Nicolas Richard souligne qu’une électrification accélérée pourrait générer de fortes tensions sur le système énergétique et qu’une approche équilibrée est donc indispensable.

« Une stratégie reposant sur une seule technologie, telle qu’une électrification complète et rapide, créerait des risques importants pour la stabilité du réseau, engendrerait de fortes tensions lors des périodes de pointe et impliquerait des coûts d’investissement difficiles à supporter pour les consommateurs.

Nous soutenons donc une approche adaptée aux différents segments et aux réalités géographiques, tenant compte des ressources naturelles disponibles et utilisant chaque source d’énergie là où elle offre les meilleurs avantages techniques et économiques. Le développement du biométhane apporte une valeur ajoutée à l’économie circulaire et contribue au développement rural grâce à la valorisation des résidus agricoles, par exemple. »

Concernant les gaz verts, Nicolas Richard estime qu’il est nécessaire de mettre en place un mécanisme de soutien.

« Le débat ne porte pas uniquement sur l’électrification, mais sur une approche combinée associant efficacité énergétique, électrification équilibrée à travers des solutions hybrides basées sur les pompes à chaleur, et intégration des gaz verts dans la consommation énergétique. Selon nous, cette approche peut offrir une voie vers une transition accessible et durable pour l’ensemble de la société. »

Malgré son potentiel et les investissements déjà réalisés dans les énergies renouvelables, la Roumanie continue d’afficher les prix de l’électricité les plus élevés sur le marché spot, un facteur qui affecte fortement la compétitivité de l’économie nationale.

« Ce que nous observons concernant les prix de l’électricité peut effectivement sembler paradoxal. Nous souhaitons naturellement une énergie plus abordable, mais il est essentiel de rester pragmatiques : une réduction durable des coûts nécessite des investissements dans la flexibilité du système énergétique, notamment dans les batteries et les capacités de production au gaz naturel, qui garantissent une énergie efficace et contribuent à un équilibre entre production stable et énergies renouvelables, par nature intermittentes.

Le marché a également besoin d’une plus grande liquidité ainsi que d’un équilibre intelligent entre les contrats à long terme (PPA) et les contrats à court terme, notamment pour les consommateurs B2B. Enfin, une prise de conscience est indispensable. Chacun d’entre nous a un rôle à jouer dans la gestion de sa consommation d’énergie, depuis les gestes simples permettant d’économiser l’énergie jusqu’à l’adoption de mesures d’efficacité énergétique et de technologies intelligentes. »

Compte tenu de l’ampleur des investissements nécessaires et de la forte volatilité observée ces dernières années, Nicolas Richard estime que la Roumanie a traversé de nombreuses périodes difficiles et a réussi, avec le soutien du monde des affaires, à surmonter les blocages ponctuels.

« Je pense que nous sommes arrivés à un stade de maturité de la communauté économique et je fais confiance à l’expérience, au professionnalisme et à la vision des entreprises directement impliquées dans le secteur énergétique pour continuer à améliorer les performances du pays dans ce domaine.

Je suis également convaincu que les échanges d’idées entre les secteurs public et privé au cours de toutes ces années ont permis de définir une direction commune de développement pour la Roumanie et que, dans le cadre de son parcours européen, nous trouverons, d’une manière ou d’une autre, les moyens de soutenir et de poursuivre cette trajectoire. »

Article publié dans l’édition imprimée de Ziarul Financiar du 9 juin 2026 (Auteur: Roxana Petrescu)

 

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