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Groupe de Travail Transition Verte : La double matérialité, de l’analyse à l’action stratégique pour les entreprises

Le 17 avril, au siège de Groupama, s’est tenue une nouvelle réunion du Groupe de Travail Transition Verte, consacrée au thème « Double matérialité : de l’analyse (DMA) à la prévention et à l’impact ». L’événement a réuni des représentants de secteurs tels que la banque, les services, le conseil, l’énergie, le retail et les ONG, dans un dialogue appliqué sur la manière dont ce concept devient de plus en plus pertinent pour les décisions d’affaires.
La double matérialité, pilier central de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), redéfinit la manière dont les entreprises évaluent leur impact, leurs risques et leurs opportunités (IRO). Au-delà des exigences de reporting, elle oblige les organisations à analyser ces dimensions sous les deux angles – impact sur l’environnement et la société, mais aussi risques financiers – en impliquant les parties prenantes et en s’appuyant sur des données robustes. Dans ce contexte, la double matérialité devient un instrument stratégique qui influence l’allocation du capital, la gestion des risques et l’orientation générale de l’entreprise.
Roxana Chiș, leader du Groupe de Travail Transition Verte, a souligné l’évolution du concept, passé d’un exercice de reporting à un véritable mécanisme de management :
« Cette session a mis en évidence que la double matérialité évolue d’un exercice de reporting vers un outil de gestion des risques et des opportunités qui, soutenu par des KPI pertinents et un dialogue structuré avec les parties prenantes, permet des décisions éclairées au niveau du conseil d’administration, renforce la résilience opérationnelle et intègre réellement les critères ESG dans la stratégie ».
Dans une perspective appliquée, Adriana Vincze, Directrice Durabilité et Projets Stratégiques chez Groupama, a présenté la manière dont la prévention devient un élément central de la stratégie de l’entreprise. Forte de plus de 20 ans d’expérience dans les services financiers et de 13 ans dans des projets de transformation interne, elle a mis en évidence le rôle de l’assureur dans l’anticipation des risques et le soutien aux communautés.
La prévention est abordée comme une responsabilité partagée – entre l’entreprise, les clients et les autorités – et est mise en œuvre à travers des ateliers destinés au grand public, avec une extension prévue vers les PME. L’objectif est de transformer la sensibilisation aux risques en actions concrètes :
« Nous sommes confrontés à des phénomènes tels que les tempêtes, la grêle, les inondations – nous échangeons avec les clients, qui peuvent prendre des mesures à la fois avant et après, afin de réduire ensemble l’impact ».
L’expérience de Groupama dans l’analyse de la double matérialité met ainsi en évidence la transition de l’évaluation des risques et opportunités vers des interventions concrètes dans les communautés, avec un accent sur la prévention.
De son côté, Stela Serghiuță, consultante en durabilité appliquée chez Alt Era Partners, a abordé le passage de la conformité à la stratégie d’entreprise. Forte de plus de 11 ans d’expérience, elle a souligné le rôle de la double matérialité dans l’amélioration de la compétitivité, dans un contexte économique de plus en plus volatil, où la résilience et la circularité deviennent des facteurs clés.
Son intervention a mis en lumière trois obstacles majeurs à l’intégration du concept dans les décisions d’affaires : la complexité du processus, les difficultés liées à la collecte et à l’utilisation des données, ainsi que l’implication efficace des parties prenantes.
« Comment relier la double matérialité aux décisions d’affaires ? Trois obstacles : la complexité – qui inquiète et met en lumière les vulnérabilités ; les données – nombreuses mais difficiles à intégrer sans une pensée systémique ; et les parties prenantes – dont l’implication doit apporter une réelle valeur au business. La question est : comment utilisons-nous les données issues de l’entreprise ? ».
Dans l’ensemble, la session a mis en avant à la fois des défis concrets et des orientations claires pour les entreprises et organisations souhaitant rester pertinentes à long terme, dans un contexte où la durabilité est de plus en plus étroitement liée à la performance économique.


